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« Marie-Lou », une centenaire vraiment pas comme les autres (...)

Marie-Lou, gérante de café toujours en activité, a eu 100 ans cette année ! Difficile à croire, vu son grand âge, que Marie-Louise Wirth continue de travailler et c’est pourtant bien vrai !! Elle tient depuis près de 63 ans un petit bistrot situé dans la rue Jean Jaurès, à deux maisons de l’hôtel de ville, à proximité de l’église Ste Isbergue, quelle ouvre tous les matins entre 8 h 15 et 8 h 30. Facilement reconnaissable par sa façade en briques noires, il ne porte toujours pas de nom, mais affiche sur sa devanture la marque d’une bière bien connue : « Quand on sert de la bonne bière, ça suffit, pas besoin de nom », explique la centenaire.

Le jeudi 23 novembre dernier, c’est tout naturellement dans son bistrot que ses amis, ses clients et voisins sont venus fêter son centième anniversaire. Mais Marie-Lou était loin de se douter que cette banale petite réunion entre amis ferait la « une » de l’actualité. En effet, une horde de journalistes (télévision, radio, presse écrite), invités par la municipalité, était spécialement venue pour immortaliser l’événement, en présence de Jacques Napieraj, Maire de la ville, et quelques représentants du conseil municipal.

Et, c’est donc dans ce petit bistrot d’à peine 20 mètres carrés, devant les caméras et appareils photos, que les proches de Marie-Lou lui ont chanté tous en chœur cette chanson revisitée pour l’occasion : « On n’a pas tous les jours 100 ans, ça nous arrive une fois seulement…  ». Les paroles de ce refrain résument bien qui est Marie-Lou, une femme de caractère qui ne mâche pas ses mots !!! Et c’est avec son franc parler, qui la caractérise, quelle a bien voulu répondre aux nombreuses questions posées par les journalistes.

Née le 23 novembre 1917, à Saint-Nazaire dans l’ouest de la France, d’un père travaillant aux chantiers navals, Marie-Lou est arrivée à l’âge de deux ans dans le Pas-de-Calais. En 1932, ses parents achètent ce petit bistrot qu’elle continue encore d’ouvrir tous les matins. Alors à peine âgée de 14 ans, elle aidait ses parents à servir les clients avant même d’avoir son certificat d’études. « A cette époque, il fallait obéir ! l’éducation était très stricte », alors pas question pour Marie-Lou d’aller faire un tour à la ducasse du coin avec ses copines, « ta place est derrière le comptoir », lui disait sa mère d’un ton sévère.

C’est à la mort de son père en 1954 que Marie-Louise Wirth devient gérante de ce petit café où le temps s’est arrêté. Rien n’a bougé depuis les derniers travaux datant de... 1958 : boiseries élégantes, carrelage en céramique au sol, et au-dessus des tables hexagonales en formica trône un petit slogan : «  l’eau est polluée, buvez du muscadet ». Derrière le comptoir, pas de pompes à bière ni de machine à expresso. « Je ne suis pas moderne  », sourit-elle. Mais ici, on a le choix de commander, selon la fraîcheur désirée, une bouteille de houblon sortie « de la cave ou du frigo  ».

Restée célibataire et sans enfant, elle n’a pas de téléphone portable, ne sait pas utiliser Internet et n’a jamais eu de carte bancaire. « Quand il n’y a plus de sou dans mon porte-monnaie, je dis que c’est le diable, quand il y a des sous, c’est le Bon Dieu !  », et lorsque l’on parle un peu avec elle, Marie-Lou évoque assez facilement ses souvenirs. Elle se souvient qu’« A l’époque de l’usine de métallurgie Ugine, il y avait une centaine de bars, la rue Salengro en était pleine. Il faut dire qu’il y avait 6 000 ouvriers qui y travaillaient,… C’était l’époque des petits vins blancs sucrés, du Byrrh, du Dubonnet, de l’absinthe, du Pernod,… car il n’y avait pas de Ricard. Il n’y avait pas de whisky non plus. »...

Malgré le poids des années Marie-Lou est encore en pleine forme ! L’énergie quelle dégage est communicative. Il faut dire que cette toute jeune centenaire ne sait pas rester en place. « Il y en a ils sont toujours malades, moi être malade et les docteurs, je ne sais pas ce que c’est ! » a-t-elle précisé. Elle ne manque pas une occasion d’aller danser la valse et le tango, bref « faire la fête  ». « Cela ne me fait rien de rentrer à 3 heures du matin et de me retrousser les manches dès 8 h 15 pour ouvrir mon café  », assure- t-elle. Et peut-être l’avez-vous déjà croisée à l’une des manifestations qui ont lieu sur la commune ! Dernièrement elle était présente lors du repas des aînés et de « La Fête des Métallos ».

Elle adore aller au restaurant avec ses copines, ses plats préférés, les ris de veau et les coquilles Saint-Jacques, Mais ce qu’elle apprécie par-dessus tout, c’est voyager. Elle est déjà allée à Paris « chez Michou », à Avignon, dans les Vosges,… et même en Autriche, au Canada, en Martinique,… pour Marie-Lou, « Si on vit pour ne rien faire et ne rien voir, ce n’est pas la peine  ».

Surprise par son destin, elle a toujours cru qu’elle allait mourir jeune « On arrive à cent ans sans s’en apercevoir  » a-t-elle déclaré. Et quand on lui demande « quel est le secret de votre longévité  », elle vous explique simplement qu’il faut être de bonne humeur et se faire plaisir. Elle apprécie volontiers de prendre quotidiennement son petit verre de cherry « avec modération », de manger de la mayonnaise (à la petite cuillère) ou des cornichons. Par contre, elle ne mange jamais de fruits ni de laitages et ne fais pas de sport, elle a horreur de la marche « Je n’ai jamais aimé marcher, moi j’aime l’auto comme les gosses  ».

Elle se considère comme une casse-cou, elle s’est d’ailleurs essayée à l’accrobranche en Martinique, il y a 3 ans et a déjà effectué un vol en montgolfière.

Et quand on lui demande si elle compte encore travailler longtemps derrière son comptoir, elle vous répond : « Moi, je bosserai tant que j’aurai toute ma tête et que je pourrai tenir sur mes jambes  ». Et, si aujourd’hui les clients sont rares, « car j’en ai enterré beaucoup  » a-t-elle déclaré, Marie-Lou continuera à rester fidèle à son bistrot aussi longtemps que possible, car pas question pour elle de prendre sa retraite, elle s’amuse d’ailleurs à dire : « Je touche ma retraite depuis que j’ai 65 ans, mais je continue de cotiser pour les autres  ».

Souhaitons à cette souriante centenaire encore quelques années de bonheur parmi nous, et donnons lui rendez-vous l’année prochaine pour son 101ème anniversaire !

- Publié le 19 décembre 2017 -


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